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Clémentine Carsberg

Exposition temporaire
Performance - Installation

Les Pénates de Clémentine Carsberg

Que voit-on de la réalité et comment la voit-on ?
Voici les questions qui arrivent devant les oeuvres de Clémentine Carsberg.

Fenêtres, échelles, chaise, yaourt, douche, plante, livre, valise, gouttière, brique, cadre. Tout un fatras de décor d'objets domestiques qui vous enveloppe. Cet amoncellement de panoplies qui accable chaque homo modernus gavé contemporain. En principe, il suffirait de respirer pour vivre : mais non, il nous faut ce tas de choses avec des tas d'images qui renvoient à d'autres tas de choses.

En cet endroit de l'art, les objets disparaissent et apparaissent alternativement, dans une série de fondus enchaînés, avec le décor de papier peint qui les porte et les constitue à la fois.

Devenu, ici, l'instrument de l'artiste, le papier peint joue toujours une musique avec des sortilèges : il enveloppe et nous enveloppe de mémoires privées, il est sur les murs et dans la rêverie des enfants. Mémoire domestique ou hôtelière, étrangère ou familiale, papiers vus, papiers kitsch, papiers intimes, papiers de dépucelages et papiers de deuils, papiers d'amour et papiers d'ennui. Il s'agit ici, bien évidemment, du vrai papier peint : avec des motifs et non de ces papiers neutres, unis et insipides qui ont pour seule vertu d'effacer leur existence.
Non, le vrai papier peint, lui, peut aller jusqu'à devenir votre ennemi. En novembre 1900, trois semaines avant de mourir, en exil à l'hôtel d'Alsace à Paris, Oscar Wilde démontre à la fois ce qu'est le véritable humour et la puissance du papier peint en disant à son amie Claire de Pratz : "... Mon papier mural et moi nous nous livrons un duel à mort, il faut que l'un de nous s'en aille" Ce sera Wilde.

Littré, en 1870, indique des mots gouleyants pour nommer le papier peint : papier-tenture, papier-damas, papier-lambris, papier-tontisse, papier-granit, papier-marbre, papier-arabesque, papier coutil, papier pâte et papier soufflé ou velouté. En parcourant son histoire on voit que le trompe-l'oeil, l'illusionnisme, la réalité et son image -les questions mêmes de l'art- font partie de l'identité du papier peint depuis ses origines, au xv ème siècle.

Le travail de Clémentine Carsberg ne renvoie pas au présent - sauf bien sûr à l'immédiat de celui qui regarde - mais à un passé récent, celui d'une ou deux générations, d'où serait absent tout logo. Nous sommes face à des machines pleines de stimuli de la mémoire domestique.
Clémentine Carsberg s'occupe de nos pénates.

Article publié par Ville de Marseille

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Quand ?

Du 13 au 28 avril 2017

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Tarifs

Gratuit

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Galerie HO
25  Rue  Fontange - 13006 Marseille
04 91 48 29 92 http://www.galerieho.com Y aller

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